Infos générales :

Maître de stage : Patou Macaux

Cie du Campus - La Hestre


Atelier
: Rencontre Internationale de Jeunes.

 


Déroulement des ateliers :
 

Tous les mardi de 15h30 à 17h30 [du 06.01.09 au 17.02.09]

 

Processus de création : Le travail d'improvisations est enregistré sur une bande audio afin de garder la parole brute pour retranscrire. Quelques modifications tout de même apportées par M. Loretelli [prof de français].

Les textes sont lus à froid en début d'atelier afin de prendre connaissance des transformations. En effet, à chaque atelier les textes sont remaniés, parfois rediscutés par les élèves, l'animatrice propose de toujours essayer sur scène. Le texte prend tout son sens dans un ensemble, un contexte, une action. Ensuite, répétitions sur base des retranscriptions.

 


Remarque
:

 

  • - Je demande à Patou pourquoi ne commencent-ils pas l'atelier par des petits exercices, échauffements [qui me tiennent à coeur : je pense que c'est indispensable de faire une rupture avec le quotidien et de se mettre en condition de travail.]

  • - Patou m'explique qu'elle en fait parfois mais que ce n'est pas sa méthode, les exercices sont utilisés au début des ateliers puis ensuite le travail se porte sur les improvisations puis enfin, la phase de répétitions, quand les saynètes sont plus ou moins fixées et plus ou moins maîtrisées, le travail d'acteur peux commencer [appropriation du texte, techniques de base du théâtre,...]. Patou m'explique aussi que la particularité de cet atelier est le timing serré, il faut donc aller à l'essentiel.

  • - Je prend note de cette différence de vision, je continue cependant à penser que quelques échauffements améliore la qualité du travail et sont indispensables.

 


L'animatrice et les co-animateurs interviennent tous pendant les improvisations pour donner des indications de mouvements, de déplacements, d'intentions. Les ateliers sont épuisants tant pour les animateurs que pour les participantes.

Il arrive que les participantes ne sachent plus ce qu'elles doivent faire tant les indications sont nombreuses et différentes [parfois même divergentes].

Dans l'avancement du travail, une fois les improvisations plus ou moins fixées; il arrive que le groupe soit scindé afin d'avancer plus vite. Les animateurs travaillent donc séparément avec des duos ou trios sur les saynètes. Ici encore, il est arrivé qu'un animateur prenne l'initiative de changer du tout au tout la « couleur » d'une saynète. Les intentions, les déplacements...


Remarque
:

 

  • - Patou m'explique la difficulté de travailler à trois pour un si petit groupe et l'importance de bien mettre ses conditions lorsque l'on signe un contrat pour un atelier.

  • - Lors d'un entretien en privé avant l'atelier avec Patou, je lui explique ma difficulté à trouver ma place dans l'atelier puisque le travail est déjà entamé et qu'ils sont déjà trop pour un si petit groupe.

  • - Patou me propose donc de prendre quelques responsabilités pour la semaine intensive [faire une liste du matériel utilisé dans chaque saynète; trouver des sons, bruitages et autre pour créer un univers sonore pendant ou entre les saynètes; jeter un œil à l'horaire de la semaine pour voir ce que je pourrais gérer.]

  • - J'ai loué des CD de bruitages et j'ai chercher sur internet de la musique, des ambiances sonores. Nous n'avions pas le temps d'écouter ensemble ce que j'avais trouvé, nous avons remis ça au 1er week-end de la semaine intensive; pour la liste du matériel, j'ai fait un tableau et commencé à répertorier les objets, costumes et éléments de décor. Comme je n'avais pas encore vu toutes les saynètes, j'ai envoyé un mail aux élèves afin qu'elles me disent ce que chacune à besoin, je n'ai jamais eu de réponse. Absente à la dernière répétition avant la semaine intensive, j'ai demandé à Patou de voir avec les filles pour m'envoyer la liste complète afin que je puisse gérer le matériel pendant la semaine.

  • - Patou m'a répondu qu'elle s'en était occupée avec les filles.  


Déroulement de la semaine intensive :

 

Du vendredi 27.03.09 au vendredi 06.04.09

 

Arrivée du groupe Québécois le vendredi 27 dans la soirée.

Une conférence de presse était organisée dans les locaux de la Cie du Campus mais tous les journalistes se sont désistés à la dernière minute.

Nous avons donc accueilli les québécois dans la salle de conférence où Patou et Maureen ont pu expliquer en quelques mots le déroulement de la semaine et faire les présentation avec tous les membres du projet [membres directs ou indirects]. Nous sommes ensuite passé dans un autre local pour faire connaissance autour d'un verre et de quelques amuses-gueule. Patou me propose de m'occuper des coulisses pendant tout le processus. Je dois donc m'occuper de rassembler les jeunes, d'être l'intermédiaire avec les metteuses en scènes, de faire les changements de décor entre les saynètes et de veiller au matériel et au bon déroulement du spectacle.

 


Programme prévu
:

 

  • Le premier week-end est réservé à la mise en scène. Les deux groupes vont présenter leurs saynètes et les metteuses en scène vont colmater le tout, en y ajoutant les vidéos. Il s'agira ensuite de faire quelques filages afin d'être prêts pour la 1ère qui se jouera dans la même salle [Carnières] le mardi soir.

  • Au cours de la semaine les participants joueront 3 fois; feront quelques sorties culturelles et iront manger au restaurant à plusieurs reprises. Il est aussi prévu une rencontre avec deux écoles [notamment la classe de M. J-E Fasbender à l'Institut Ste Marie de La Louvière].

  • Les Québécois sont logés dans un hôtel à l'extérieur, les jeunes filles belges logent chez elles.

 


Remarque
:

 

  • - Le 1er jour de travail, Patou annonce qu'elle a trouvé une musique sympa pour les changements de scènes.

    - Je demande à Patou si nous ne pourrions pas profiter d'une pause pour faire quelques échauffements, elle m'explique qu'elle prendra les filles pour les faire travailler. En effet, à un moment, elle à repris chaque saynètes avec les filles mais pour finaliser le résultat en faisant retravailler les intentions, les mouvements etc en dirigeant. Les filles m'ont dit être un peu perdues, elles avaient peur de ne pas se rappeler de toutes les indications, j'avoue avoir moi-même eu peur du résultat lors du spectacle, avec la pression. J'avais l'impression que toutes ces conditions n'étaient pas favorables pour être en confiance lors d'une première fois sur scène [certaines avaient toutefois un peu d'expérience].

  • - Cela dit, le spectacle s'est bien déroulé, pas d'accros, pas de trous de mémoires, pas de panique. Elles ont fait ça bien, j'étais soulagée et heureuse. Le publique aussi avait l'air satisfait. Ce qui m'amène évidemment à remettre en question mon idée de ce que sont les conditions indispensables de travail. J'imagine que s'est dû simplement au fait que chaque animateur à sa manière de travailler et qu'elles se valent toutes. L'important étant de maîtriser la sienne ou tout du moins, d'avoir confiance en soi.

  • - Je demande à Patou pourquoi les Québécois sont logés à l'hôtel, je pense, en effet que c'est plus sympa de les loger chez l'habitant et mieux encore, chez les jeunes filles. Patou m'explique qu'au départ tous les participants devaient être logés à l'internat mais que celui-ci était au complet depuis septembre. Elle m'explique aussi que toutes les familles n'ont pas la place pour recevoir. L'école à trouvé un subside supplémentaire pour payer l'hôtel.

  • - Au cours de mes interview, les jeunes filles expriment leur sentiment par rapport à leurs saynètes. Après avoir vu celles de leurs camarades Québécois, elles ont eu la sensation d'avoir été dirigée comme des marionnettes, d'être à coté de leur parole. Elles m'ont dit avoir eu la sensation que les Québécois étaient beaucoup plus à l'aise sur scène, qu'ils étaient d'avantage maîtres de leurs propos. Lors de son interview M. Loretelli m'a dit qu'il était nécessaire d'aider les jeunes à s'exprimer* parce que malgré leur bonne volonté, ils n'ont pas les moyens pour le faire [parfois en leur donnant les mots qu'il faut dire]. Je ne suis pas d'accord mais je n'ai pas de recette miracle pour le travail théâtral avec les jeunes.

  • - Lors de mes interviews j'ai appris que le système de subsides est très différents des deux cotés mais je n'ai pas encore compris tous les tenants et aboutissants.

 

Réflexions générales sur mon stage :

 

J'ai eu du mal à trouvé ma place lors de cette partie du stage*, je me suis souvent sentie inutile et même inintéressante. Lors de la semaine intensive je me sentais seule, entre un groupe de jeunes qui se rencontraient et le groupe d'organisateurs. Je n'étais ni l'un, ni l'autre. Et il y avait tellement de choses à régler de tout coté que nous n'avions pas le temps d'avoir un échange [Patou et moi]. Bien que j'ai été l'intermédiaire et que cette tâche s'est avérée nécessaire, je ne me sentais pas très utile.

Malgré tout, j'ai trouvé cette expérience intéressante. Ma position de stagiaire « observatrice » m'a permis une neutralité impossible quant on est impliqué d'avantage dans un projet. J'ai pu réellement observer un projet tel que celui-ci se mettre en place et avoir lieu.

C'est d'ailleurs pour cette raison que j'ai choisi ce stage, je souhaite mettre en place ce genre de rencontre internationale moi aussi. Un jour... :-)

 

* l'autre partie étant la découverte du fonctionnement de la compagnie, à savoir : la diffusion de spectacles avec Lucie.

 


Mais quant au projet en lui même, je me pose un tas de questions sur sa nature et sa nécessité.

 

En effet, j'ai réalisé que la démarche à la base du projet [deux compagnies-amies qui décident de faire un spectacle avec des jeunes] implique un processus qui me semble être éloigné de celui du théâtre-action.

Les jeunes ne deviennent-ils pas finalement secondaires dans le projet? Ici, Ils ont été « choisis » en fonction des partenariats de chacune des compagnies.

Pour l'Athénée de Morlanwez, c'est un partenariat qui existe depuis longtemps entre Patou de la Cie du Campus et M. Loretelli qui est à la fois professeur de français au sein de l'école et animateur au sein du Studio Théâtre. L'athénée est déjà impliquée dans ce genre d'activités et collabore souvent avec la Cie du Campus. Les filles ont participé pour pouvoir partir au québec.

Pour le cégep de Victoriaville, Maureen de la Cie du Parminou connaissait Melissa, professeur dans la section « Arts & Lettres ». Celle-ci à présenté cet échange comme travail de fin d'année pour ceux qui le souhaitait. Ceux-ci devait pouvoir financer une bonne partie de leur voyage [quant aux filles belges, tout est pris en charge par le BIJ ].

 

J'ai noté trois points qui m'interpellent plus particulièrement :

 

- Au cours de mes interview, j'ai découvert que la presque totalité des élèves étaient relativement bien intégrés socialement et avait « accès » à la culture, aux voyages, etc.

Ce qui m'interpelle évidemment. Depuis le début de la formation, nous tentons de définir ce qu'est le Théâtre-Action et à qui il s'adresse. Bien que la réponse reste ouverte et en mouvement. Nous sommes quand même tombés d'accord sur le fait que, de manière générale, le T-A s'adresse aux minorités, aux défavorisés... sans vouloir cloisonner.

- L'option du partenariat avec le domaine scolaire m'interpelle. Bien que je sois persuadée que le T-A a beaucoup à apporter dans le cadre scolaire. Ici, le fait que l'atelier se passe à l'école avec un de leur professeur et que - pour les québécois - le projet soit même noté. Est-ce vraiment opportun ? N'y a-t-il pas un risque donc de cloisonner, de limiter l'entrée ? D'une part parce que je me demande si un élève mal intégré irait se présenter à un atelier de théâtre à l'école ? Sous le regard de camarades plus aisés, ou sous le regard du professeur ? Et d'autre part, le cadre scolaire n'est-il pas - la plupart du temps - justement l'endroit où la liberté de parole n'a pas sa place ? Bien sûr, il y a des professeurs passionnés, des écoles ouvertes sur le dialogue mais particulièrement dans l'enseignement général, le résultat prime et la pensée dominante est quand même que l'adulte, l'enseignant détient le savoir... oui bon je m'interroge, je n'affirme pas... :-)

- Comme je l'ai dit plus haut, la durée limitée de ce genre de projet engage un processus particulier. Le temps est compté, il faut faire vite et l'attention est naturellement portée d'avantage sur le résultat.

Évidemment ce processus est semblable à celui d'un atelier qui se termine et qui a fixé une échéance mais ne passe-t-on pas à coté de l'essentiel en écourtant ce processus ?


Pour terminer, je m'interroge sur la nécessité de faire ce type de projet dans cet ordre là. Je veux dire, décider de faire un projet avec des jeunes, qui traite d'un sujet proche des jeunes et puis seulement de trouver les jeunes.

Dans quel mesure ne serait-il pas plus intéressant de faire se rencontrer deux groupes existants autour de leurs préoccupations ?* Les sujets généralement choisi pour les spectacles de jeunes ne vont-ils pas ressortir d'eux-mêmes ? Mettre des mots clés sur la tête du projet n'est-il pas une manière de se conformer à la culture dominante qui subsidie les mots qu'elle aime ? Peut-on réellement l'éviter ? Et où placer le résultat dans la liste des priorité ? Et puis d'abord de quel résultat est-il question ? Et doit-il plaire ? Doit-il « mériter » ses subsides ? Est-il garant des subsides du prochain projet ?


Finalement les jeunes ont vécu une belle aventure et le spectacle est un succès. N'est-ce pas suffisant ?

 

* je ne doute pas un instant que ce genre de projet existe déjà

 

 

 

 

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